PIERRE MATOSSY

PIERRE MATOSSY 1891-1969

GRAVURE VERS 1930

PAQUEBOT NORMANDIE

EN PARFAIT ETAT D’ORIGINE

DIMENSIONS / 20.5 X 17 CM

PRIX SUR DEMANDE / CONTACT

<>Né à Bessé-sur-Braye, vivant dès l’école maternelle chez ses parents parisiens après que sa toute première enfance ait été confiée à ses grands-parents sarthois, Pierre Matossy est destiné par une mère autoritaire à une carrière militaire à laquelle il se refusa toujours. Il commet de la sorte un acte de rébellion en suivant les cours du soir de l’école municipale de dessin de Montparnasse. Après son baccalauréat obtenu au lycée Buffon, il quitte l’appartement familial et entre à l’École nationale supérieure des beaux-arts en vivant de rôles de figurants tenus au théâtre du Châtelet. Mobilisé en 1914, blessé cinq fois sur le front (batailles de la Meuse et de la Somme dont on conserve des dessins tels que la Maison pillée dans la Meuse de 1915), il perd l’usage du bras droit et, au terme de trois ans et demi d’une hospitalisation assortie de nombreuses interventions chirurgicales, il se doit de réapprendre la gravure, le dessin et la peinture en gaucher. Son retour à l’École des beaux-arts en 1918 et son abnégation lui valent de remporter successivement un prix de miniature, puis le second prix de Rome, enfin le Grand Prix de Rome de gravure en 1920. En faisant état de cette dernière récompense, La Revue d’art ancien et moderne salue sa persévérance : « grand blessé de guerre, titulaire de la médaille militaire et de la Croix de guerre ; à la suite de ses blessures il est resté paralysé du côté droit et c’est de la main gauche qu’il manie le burin ». Le Grand Prix de Rome lui vaut d’effectuer un séjour de cinq années à la villa Médicis, et des œuvres de cette période romaine, essentiellement d’inspiration mythologique (Les trois Grâces dans les jardins de la Villa Médicis) , font parte de l’exposition Les envois de Rome qui se tient à Paris en octobre 19245. À son retour en France, il travaille à la décoration de plusieurs paquebots dont le Normandie, réalise des toiles et des aquarelles (environ trois cents, selon Gérald Schurr, cinq cents selon Georges Gauriault) ainsi que des gravures pour l’abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle. Il crée enfin des affiches pour les compagnies de chemins de fer. À partir de 1935, Pierre Matossy visite l’Espagne, l’Italie et la Grèce. En 1936 et 1937, il se rend également en Syrie, au Liban et en Perse, en rapportant des œuvres qu’il exposera à Paris en avril 1937. Le prix de Madagascar qui lui est décerné en 1939 consiste en une bourse pour un voyage que la Seconde Guerre mondiale reporte en 1947, année où Pierre Matossy se rend donc à Madagascar, puis dans les îles de Nosy Be, La Réunion et Maurice dont il rapporte des paysages et des vues de sites (comme le palais de la reine Ranavalona Ire à Tananarive) qu’il exposera à Paris en 1949. Entre 1951 et 1953, il parcourt le Sénégal, la Mauritanie, la Gambie, le Bénin (alors le Dahomey), le Burkina Faso (alors la Haute-Volta), la Côte d’Ivoire et le Mali (alors le Soudan français). Des ouvrages postérieurs citent de ce périple des vues de l’Ile de Gorée et une Danse des sorciers chez les Dogons. Le dernier grand voyage de Pierre Matossy le conduit en 1968 en Nouvelle-Calédonie. À son retour, soucieux de poursuivre en Bretagne sa passion de la peinture de paysages, il s’installe à Ploubazlanec où, le 25 août 1969, il est devant son chevalet pinceau à la main lorsque la mort vient l’emporter subitement.